à propos d'Infidélité

Picasso, l'étreinte, musée de l'orangerie
fond sonore : "Mea culpa" ...

Peut-on aimer deux personnes à la fois ?

Peut-on, doit on, dire ou ne pas dire ?

Que dire, et comment ?

chaque couple est unique

Réactions des correspondants

Peut-on aimer deux personnes à la fois ?

Peut-on aimer deux personnes en même temps, c'est là une grande question ! Quand on est dans le souffle d'un grand amour, c'est inconcevable. Lorsque l'amour tiédit, on peut être attiré (e) par un autre personne. Il est donc possible sur le plan du désir et sur le plan sentimental d'aimer deux hommes un certain temps. Mais ne serait-ce que sur le point de vue énergétique, ces amours doubles semblent être limités dans le temps. Il y a trop de pertes d'énergie, trop de complications, trop de mensonges obligés, et ce qui pouvait être possible un certain temps se révélera pour la plupart intenable. Et des souffrances et des insatisfactions surviennent chez l'un des trois sinon chez les trois membres du trio.

Un homme peut-il aimer deux femmes en même temps ?

Etre amoureux, désirer deux femmes, c'est facile !
Aimer véritablement en donnant à chacune d'elle le maximum de son énergie, le maximum de son temps, en ayant avec chacune, des projets, en les accompagnant toutes les deux dans leur évolution spirituelle, bref, aimer véritablement deux femmes relève d'être génial et talentueux et je n'en ai pas rencontré d'exemplaire.
Par ailleurs, il est fréquent de rencontrer des hommes aux multiples liaisons, que vous appelez vous-même des hommes à femmes et qui refusent la séparation et le divorce que leur femme officielle leur demande. Car les hommes à femmes sont le plus souvent des immatures affectifs. Ils aiment se faire aimer de tous les côtés mais ne savent pas aimer. Et ils veulent conserver leur femme qui représente leur mère de référence.

Peut-on, doit on, dire ou ne pas dire ?

" Il est toujours plus problématique de découvrir la situation par une indiscrétion, explique Jacques-Antoine Malarewicz, psychiatre et psychothérapeute. On en déduit que l’autre ne supportait pas si mal de nous trahir et que nous aurions pu très longtemps rester dupe. Tandis que lorsque le partenaire avoue, c’est le gage de son incapacité à vivre la situation dans laquelle il s’est mis et de son désir d’en parler. "

Si certains parviennent à " digérer " l’aveu et acceptent de discuter, d’autres en sont incapables. " Quand mon compagnon m’a avoué qu’il me trompait depuis plusieurs semaines, je n’ai eu de cesse de lui rendre la monnaie de sa pièce, raconte Ludivine. Et finalement, bien m’en prit. J’ai découvert qu’il n’avait pas totalement tort quand il m’expliquait qu’entretenir des relations sexuelles avec une autre n’enlevait rien à notre couple. Lorsque je suis revenue de ce déplacement au cours duquel j’avais passé une nuit très érotique avec un homme, je n’avais qu’une seule hâte : retrouver mon compagnon. Je lui ai tout raconté. Après une discussion orageuse de plus de trois heures, tout s’est terminé en faisant l’amour comme nous ne l’avions pas fait depuis longtemps ! "

Martine Teillac, psychanalyste et sexologue, est encore plus radicale : " Par l’aveu, le fautif se met en position d’enfant : il a été méchant, il quête le pardon. C’est aussi une façon de se donner bonne conscience, de se décharger du poids de sa faute en la faisant porter par l’autre. Surtout quand l’individu n’assume pas ses actes et qu’il insinue qu’il y a été conduit par le partenaire : "Regarde comme tu me rends malheureux, puisque j’en viens à te tromper". "

" La règle du "Il faut tout se dire" est une preuve d’immaturité, confirme Philippe Brénot, psychiatre et directeur d’enseignement en sexothérapie à l’université de Bordeaux-II. Faire part de toutes ses incartades, c’est refuser de se positionner en individu autonome et responsable.

Ces thèses laissent malheureusement de côté une réalité dégagée par Jacques Lacan : beaucoup d’entre nous ont un surmoi – une conscience morale – si sévère, qu’ils sont pris par un irrépressible besoin d’avouer. S’ils avouent, ce n’est pas par infantilisme ou par sadisme vis-à-vis de l’autre, mais parce qu’ils sont torturés intérieurement. Ils n’ignorent pas qu’ils risquent de provoquer des dégâts, de générer des scènes et des larmes, mais c’est plus fort qu’eux ! Le véritable problème qui se pose à eux – et à la plupart d’entre nous – est de gérer la culpabilité et, finalement, de concilier besoin de parler et relation satisfaisante avec le partenaire officiel.

Le silence est-il d’ailleurs envisageable à tous les coups ? Et le mensonge, est-il idéal pour maintenir la paix du couple ? Il est clair que l’aventure extraconjugale passe rarement inaperçue, surtout si elle dure ou se répète. Elle risque alors de susciter le soupçon du partenaire, voire d’engendrer des réactions paranoïaques et hostiles : " Je sais que tu me caches quelque chose. Tu m’as toujours considéré(e) comme moins que rien. Pourquoi restes-tu avec moi si tu aimes quelqu’un d’autre ? "
Lorsque la crise éclate, il devient évident que celui qui en est à l’origine ne peut plus se défiler. Il lui faut prendre ses responsabilités. Pour ne pas se sentir écrasé par la culpabilité, il faut avoir en tête que désirer une personne tierce n’est pas en soi " tromper " le partenaire, le léser, être malhonnête avec lui. La véritable tromperie – la vraie faute éthique – commence quand on choisit d’éluder ses questions angoissées ou de lui mentir dans un contexte où il serait plus conséquent de parler.

Que dire, et comment ?

On évitera les détails inutiles : " Je lui ai fait ceci, il (elle) m’a fait cela, j’ai ressenti l’extase… " Le plus souvent, même si le partenaire s’affirme prêt à tout entendre, il n’a nul besoin de connaître la vérité sans fard : il en souffrirait et ne pourrait que s’interroger sur son propre pouvoir érotique, se comparer douloureusement à l’autre.

Sauf pacte spécifique établi entre les partenaires, l’expérience montre que l’exigence de tout savoir est souvent dictée par des pulsions masochistes autopunitives : " Mon partenaire regarde ailleurs, car j’ai failli à le satisfaire, donc je suis nul(le), je vais me flageller. "

Dans tous les cas, il s’agit de faire preuve de respect et de tact, de bannir les révélations trop intimes. Il faut expliquer pourquoi la liaison est, ou a été, nécessaire à un moment de l’histoire du couple. Cette attitude " adulte " suppose d’être clair avec ses désirs et d’avoir su établir une relation émotionnelle riche avec le partenaire.

A ces conditions, l’aveu peut même relancer un désir assoupi. Pour cela, les confidences doivent être adaptées de manière à faire écho aux fantasmes sexuels et aux attentes amoureuses du conjoint. Ces aménagements pourront, par exemple, permettre à telle femme de vivre par procuration ses pulsions homosexuelles enfouies, grâce à la relation de son conjoint avec une autre ; ou à tel homme d’imaginer que son épouse infidèle est " sa chose ", qu’il prête généreusement à d’autres.

Côté femmes, on constate que beaucoup supportent relativement bien l’infidélité du partenaire tant qu’elles restent persuadées d’être " la préférée ", celle qui occupe la place centrale, l’autre n’étant qu’un objet interchangeable.

En fait, avant de poser de façon péremptoire : " Non, il ne faut pas avouer " ou " Oui, il le faut ", il est important de se souvenir que chaque couple est unique, puisqu’il unit deux êtres particuliers avec leurs fantasmes, leur rapport à l’amour et à la rivalité sexuelle. Aussi est-il impossible de fixer des règles de comportement universelles. Il appartient à chacun de décider de sa conduite en fonction de ce qu’il est et de la complicité qu’il a établie avec son alter ego.
(dossier AOL)

vers Mars vers site 2004

Réactions des correspondants

L'aventure d'aimer !
Le problème est que les aventures de l'un font souffrir l'autre !
Peut être est il possible d'aimer sans que la relation devienne une aventure au sens ou on l'entend habituellement !
Disons qu'aimer c'est toujours une aventure ! (Be)
Etre fidèle à
... quelqu'un ne veut pas dire, pour moi, n'aimer que lui et n'avoir aucune autre aventure. Cela veut dire que, quelques soient les épreuves de la vie, je reste attentive et présente à lui. Je crois que, de ce point de vue, beaucoup de couples sont infidèles !

Je n'ai jamais trouvé non plus qu'aimer quelqu'un était une preuve d'immaturité. Bien au contraire, l'amour devrait être la seule chose que l'on devrait à tout prix sauver et entretenir avec son conjoint, mais aussi avec d'autres personnes. Hors, malheureusement, c'est une chose dont on a peur et que l'on s'interdit. Nous sommes tous malades de cela.
(Si)

Et il n'est pas question de prendre un amoureux pour supporter celui avec qui on s'est engagé mais vivre l'amour ouvert, débordant, adapté à chacun.
Pas facile ? Peut être bien mais je crois que pour certaines personnes c'est possible. (bM)

immaturité ?
"Je ne comprends pas cette question d'immaturité. Il faut toujours faire intervenir la morale alors que nous avons besoin de séduire et d'être séduit. Ce n'est pas un défaut mais une relation sociale nécessaire .Même si l'échec advient .C'est ainsi que naissent les amitiés, les amours tout ce qui fait l'essentiel de la vie . (Su)
encore :
L'idée qui m'accroche le plus est que le fait de vouloir séduire ou de chercher des aventures est un signe d'immaturité.
Mais est ce si dévalorisant de se reconnaître immature ? L'important n'est il pas le chemin vers le but à atteindre ?
... et pourtant ma liberté se limite à la souffrance de qui j'aime (???). Je ferai l'impossible pour éviter les conflits et les malentendus et je chercherai toujours à privilégier l'aspect positif de la situation (bM)

C'est drôle, je me faisais hier la réflexion que pour moi la liberté s'arrêtait non pas  là où commence celle de l'autre, mais là où je risque de faire souffrir l'autre, ... (Ja)
engagement
Dans une relation d'amour, il y a toujours un engagement. S'il est social (fait devant le maire) il devra être respecté socialement.
S'il est du coeur (c'est sûrement le meilleur) il aura des comptes à rendre dans une autre vie, probablement. Pour moi c'est loin d'être négligeable ! (bM)

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