Ecriture, production commune


Bouboule et Poulette

Bouboule, un grand gaillard costaud, ouvre son couteau, un bel Opinel que son père lui avait offert le dernier Noël après l'avoir acheté au marché de Pernes les fontaines.
Il est fier de son couteau Bouboule et il l'admire en rêvant de sculpter une Diane chasseresse que l'on exposerait dans l'entrée de la maison.
Pour le moment , il est assis à côté de Poulette en écorçant une badine. Avec des grands gestes, un à gauche, un à droite, il fouette l'air du temps (en temps) pour jouir du sifflement produit.
A côté de lui, Poulette ne dit rien elle est perdue dans ses pensées.
Il ne fait pas franchement mauvais mais le soleil n'arrive pas à percer les nuages.  Sur la route qui mène à l'Isle sur la Sorgues on entend une voiture qui change de vitesse dans la petite côte et juste avant le dernier tournant qui mène à la ferme. C'est peut être le facteur qui est bien en retard dans sa tournée à l'approche des fêtes ?
  • "Tu viens Poulette ? On va voir si les canards sont arrivés sur l'étang du petit bois."
  • "Non ! j'ai pas envie"
Bouboule referme son couteau et le remet dans sa poche. Poulette semble alors se réveiller :
  • "Dis Bouboule ! En s'embrassant très fort on pourrait en mourir ?"
 (suite de Claudie)
  • - Bouboule: Bien sûr qu'on  peut mourir en s'embrassant très fort si on se bouche le nez en même temps!
  • - Poulette : Oh que tu es bête tu ne veux jamais rien prendre au sérieux!
  • - Bon, ça suffit avec la philosophie, viens plutôt voir les canards avec moi, ça te changera les idées.
  • - Attends-moi au moins!
(Voilà, ce que je visualise de Bouboule et Poulette,  un genre de couple Jean Pierre Bachrie et Catherine Frot....????)

(suite Mireille)
Claudie m'a coupé l'herbe sous les pieds !!!! J'avais une bonne idée pour Bouboule : je lui faisais organiser un concours de baisers . Il ne prenait ainsi pas de risques.

le mont Fuji (cliquez) (suite Alain)
  • Poulette : des canards, des canards, de quels canards veux-tu parler ?
  • Bouboule : Eh bien des canards quoi !
  • Poulette : Je connais des canards auxquels ton grand couteau ne peut pas faire de mal, des canards qui te feraient te sauver en les entendant .
  • Bouboule : Les cancans des canards, on peut les écouter ; ceux des hommes il ne faut pas les rapporter .
  • Poulette : Regarde au loin ce garçon perché sur un arbre, il regarde le Mont Fuji et, en jouant de la flûte, il pourrait bien, lui aussi, faire un ou des canards.
(suite Marie Claude)
  • Oui mais voilà, le Mont Fuji est loin, les canards ne peuvent pas voler aussi longtemps et, ceux de là-bas .... ils ne comprennent même pas le Français et, encore moins le Provençal, alors ce n'est pas la peine que je vienne avec toi voir tes canards puisque, de toute façon, ils ne voyageront pas.
  • Mais moi ici, sur mon banc, rien ne m'empêche de partir au loin et de voir du pays et tout çà rien que dans la tête ..... fais-en autant si tu le peux avec ta cervelle d'oiseau et tes grands pieds de terrien bien accrochés à ta terre !!!!!!!!!!
  • Tu vois bien que je n'ai point besoin de tes canards qu'ils soient à plumes ou dans la flûte.....
(suite Suzanne)
Poulette :
  • Et puis d'abord, trouve autre chose ! Je n'aime plus cette appellation Poulette ! J''ai un super prénom Irène mais ma mère trouvait que c'était trop prétentieux ! Et comme parmi les poules qui étaient autour d'elle je ressemblais, paraît-il, à sa préférée, je suis devenue Poulette. 
Si tu me prêtes ton bâton, celui que tu es en train d'éplucher, j'irai chercher mes moutons, au coucher du soleil, au bord de la mare aux canards, et je les ramènerai. Les moutons, bien sûr ; pas les canards, ils sont si bien sur l'eau ! Avec leurs plumes changeantes au soleil ils ont une allure de grands seigneurs .
Tu viens avec moi Bouboule ?
Allez viens, je t'embrasserai ! 
Maintenant si tu veux... sur la bouche mais pas trop longtemps !

(suite Marc)
Bouboule et Poulette, encore mieux Poulette et Bouboule, n'en finissent pas de se chicaner.
Avec des "mais" des "si " des do et plusieurs autres notes ils se font une plus ou moins jolie musique qui les tient proches.
Le facteur, dans sa fourgonnette jaune, était arrivé jusqu'à la ferme. Après avoir fait un superbe demi tour, il les aperçoit et leur crie :

  • Eh les amoureux ! Ecoutez un peu la radio ! Savez vous qu'il y a eu un grand tremblement de terre avec des raz de marée qui ont englouti des milliers de personnes ? Et c'est pas loin du Mont Fuji !
(suite Claudie)
  •  Poulette : Ah ben non, nous on est au courant de rien, on  était bien au chaud au coin du feu avec Bouboule, pas de radio pas de télé,  on mangeait notre canard...
  •  Bouboule :  La Thaïlande, la Thaïlande... est-ce qu'on y va nous en Thaïlande? Est-ce qu'on  a une tête à aller en Thaïlande ? Nous on a tout ce qui faut ici, la chasse la pêche, les champignons, si on aime les voyages oui, on a les champignons...y'en a pas eu encore cette année par ici.. pas vrai Poulette ?
  •  Poulette : Ouais, on a fait cent kilomètres pour trouver des cèpes cette année, ça nous suffit à nous un petit voyage de temps en temps, pas besoin de Thaïlande !
  •  Bouboule : et vous facteur c'est où que vous allez fêter le réveillon ?
  •  Le facteur : Oh moi, je suis tout seul, ma femme est partie voir les enfants alors... une bonne bouteille, devant la télé, ça fera l'affaire....
(suite Françoise)
  • "dis-donc Bouboule, on pourrait peut-être inviter le facteur à réveillonner avec nous, il est tout seul ?
  • Réveillonner avec nous, on n'a jamais vu ça !
  • Non, mais on pourrait inover, changer, et surtout ne pas le laisser seul avec sa bouteille.
  •  Ha ! Oui pourquoi pas ?
(suite Marc)
  • Alors ! Le facteur est invité ? Chiche qu'il se pointe !

Poulette et Bouboule se retournent stupéfaits. Du bois voisin Marcoussis le braconnier venait de surgir à l'improviste.
Poulette le connaissait depuis longtemps, elle avait même eu une "petite aventure" avec lui alors que Bouboule draguait de son côté les jours de marché. C'était il y a bien longtemps ; elle avait eu des enfants depuis et les avait élevés mais elle ne l'avait jamais oublié.

(suite Marie)
Marcoussis s'approche sans gêne aucune. Il tient dans ses mains un lapin bien dodu.  
  • Bouboule lui jette un œil noir : D’où viens-tu comme ça le braconnier?
  • Poulette : Voyons Bouboule tu parles d’une façon d’accueillir quelqu’un  comme ça dans le temps des Fêtes.
  • Marcoussis : En plus que vous n’avez pas tout vu. J’ai bien 2-3 perdrix qui attendent dans mon sac pour se faire rôtir dans un bon pot de beans.
  • Bouboule : J’aime pas beaucoup le monde qui braconne par chez nous, mais vu le temps des Fêtes et que t’apporte le lunch, on va ben être obligé de t’inviter au réveillon avec le facteur Rosaire.
  • Poulette : Oui , et je me dépêche de m’occuper de ce repas. Parait-il qu’il y en a de moins chanceux que nous qui ont été emportés par des grosses vagues. Y  a ben des morts a dit le facteur.
  • Bouboule : Pense donc pas à des gens qu’on connaît même pas. Nous autres on est bien à l’abri. C’est pas la mare au canard qui va nous emporter.
Bouboule part d’un grand éclat de rire suivi par Marcoussis qui veut en savoir plus…
(suite : Claudie)
Je viens de découvrir la suite, j'ai beaucoup aimé.
 Ils entrent tous boire un coup chez Bouboule et tout peut arriver.
  • Soit le facteur insiste pour allumer la télé pour regarder les dernières  nouvelles  du raz-de-marée, poulette accepte pour faire diversion et détourner l'attention de son ex, mais Bouboule énervé qui sent qu'il y a anguille sous roche se lève soudain en criant après le troisième verre de pastis et leur dit :
- vous voulez le voir le raz de marée, vous voulez le voir !
 et leur tournant le dos il baisse son pantalon juste assez et ajoute :  
- tenez le voilà le raz de ma raie!
  • Puis il éclate de rire et se rhabille en envoyant une grande claque dans le dos du garde forestier.
Poulette a les yeux exorbités la bouche ouverte et le rouge lui monte aux joues. Elle est pétrifiée de mortification.

Commentaires :

Que va-t-elle faire ?
Soit quelqu'un frappe à la porte, un couple qui est tombé en panne sur la route et qui cherche un garage. Ex : soixantehuitards purs et durs ; ils sont venus jusque là de Paris dans leur 2 chevaux qui s'appelle "grenadine" comme sa couleur l'indique.
Ca retarderait un peu l'explosion de trivialité...mais à peine.
Je suggère que d'autres personnages moins rustres que ce pauvre Bouboule puissent prendre forme afin que les âmes poètes de ceux qui au début parlaient du Mont Fujï puissent à nouveau s'exprimer, mais le garde-chasse peut faire l'affaire si c'est une âme noble, un écologiste militant, capable de tirer Poulette des pattes de son mari.
Mais peut-être que dans votre pensée Bouboule n'était pas si rustre au début ?

(suite : Marie-Claude) :

Au lendemain de cette soirée un rien grivoise, égoïste et bruyante, Poulette et Bouboule ne sont pas très fiers d'eux ; la Thaïlande et tous ces pays c'est loin mais il y a des gens qui leur ressemble certainement et ils ont un peu honte. 
Assis sur leur banc ils regardent un vieux livre de géographie qu'ils ont retrouvé dans un carton pour se rappeler où se trouve cette Asie dont on parle tant à la radio
.
 
"Tu te rends compte Bouboule finalement ces pays ne sont pas aussi éloignés de nous, les gens qui les habitent ils aiment, ils ont des enfants, ils travaillent et c'est bien ce que nous faisons ! nous, on a des moutons et des canards et eux ils pêchent du poisson mais à par çà, c'est tout pareil que nous."
 
"Il faut qu'on en parle avec le facteur, lui il a été aux écoles il doit savoir ce qu'on peut faire pour les aider ; tu as raison Poulette j'espère qu'il a du courrier pour nous car sinon il faudra attendre demain."
 
"Mais Bouboule tu es un peu béta dans ta tête, aujourd'hui c'est fête et le facteur il se repose mais toi tu devrais te bouger car les moutons ils veulent un peu se dégourdir les patounes et les canards ont peut-être faim, zou au boulot faignants !.... moi je vais rêver au retour du printemps, c'est beau le printemps, il y a des fleurs partout et de jolies petites feuilles vertes sur les branches des arbres."
 
Poulette serait-elle un peu poète ?????????

(suite de Marc)
Oui, Poulette était sûrement poète mais quoiqu'il en soit une atmosphère de mystère régnait sur la cabane ce jour-là.
Depuis hier les deux individus qui avaient frappé à la porte et qui s'étaient fait hébergés pour la nuit n'avaient pas ouvert la bouche. D'où venaient ils ? Quelle était leur histoire ? Sûrement pas ordinaire
car une étiquette sur leur sac indiquait un récent voyage en Thaïlande. C'était pas le mont Fuji mais quelque chose comme Tsumani !
 
Les voici qui apparaissent. Poulette se lance pour en savoir plus.

  • Alors ? Bien dormi ? assez reposés ? Vous aviez l'air fatigués hier soir ?  Racontez-nous un peu...
  • C'est-à-dire que nos vacances ont été bien agitées.
  • C'est pas le ras de marée quand même ? dit Bouboule en rigolant.
  • Si justement on y était.
  • Quoi ? Quoi ? rétorquent en même temps nos deux compères.
  • Eh bien oui. Comme on est entre nous et loin de tout, on peut bien vous l'avouer, nous faisions partie du même groupe de touristes et ... Ah non on ne peut pas vous en parler comme ça c'est trop dur !
  • Allez ! Ne vous bousculez pas, dit Poulette. Restez encore quelques jours tranquille ici et vous nous raconterez plus tard. On va ameuter les copains pour vous écouter car c'est pas souvent qu'il y a de l'aventure dans notre coin.
(suite Claudie)
Les voyageurs :
- Non, surtout pas,  n'en parlez à personne, peut-être dans quelques jours quand nous serons partis, nous avons vu tellement de gens depuis le jour de la catastrophe que nous avons besoin de réfléchir au calme...
Nous acceptons volontiers votre offre, nous ne savons plus où nous en sommes.
Nous voulions  rentrer chez nous au plus tôt mais nous avons peur de nous retrouver seuls en tête à tête avec nos cauchemars.
Commentaires :
Ce sera tout pour ce soir !
Qui veut faire un travail de recherche sur les récits de voyageurs ? Qui a envie de feuilleter les magazines et les journaux ? Quelqu'un qui a le temps.... Pas moi, désolée...
Bises à toute l'équipe des écrivains associés.


(suite de Marc)
Poulette et Bouboule sont impressionnés. Ils laissent les  "voyageurs" se retirer mais ne peuvent s’empêcher de comploter une petite réunion, pour le soir même, avec le facteur et le garde chasse.
Le bouche à oreille fonctionne comme au marché et,  bien avant 18 heures, les voici dix autour de la table. L’un avec une bouteille de gnaule l’autre avec du jambon décroché à la va vite du coin de la cheminée un troisième avec du saucisson. Poulette va chercher le pain cuit la veille et tout ce joli monde s’installe, copains copines pour faire la fête d’une façon improvisée.
« Alors ? »
« Oh vous savez … On a eu de la chance d’en revenir mais puisque vous insistez on va vous dire. Mais, ... promettez nous de n’en rien dire à personne ! »
« Mais oui, mais oui » reprennent les uns et les autres dans une misérable cacophonie.
« Et bien voilà ! Si nous ne vous avons pas dit nos noms c’est que nous ne nous connaissions pas avant de partir.
Nous faisions partie du même groupe de touristes en vacances à Phuket. Nous nous sommes rencontrés sur la plage juste après un bon bain. N’ayant rien d’autre à faire nous sommes allés discuter, enfin oui …,  dans ma chambre à l’hôtel alors que nos familles respectives étaient restées à jouer sur le sable...»
Ce sordide sous entendu subi jette un froid sur l'assistance mais tous veulent savoir, demandent des détails macabres.
«C’est à ce moment que la vague est arrivée... »
( suite ...)




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